{"id":12690,"date":"2020-10-15T23:42:56","date_gmt":"2020-10-15T23:42:56","guid":{"rendered":"http:\/\/kiosk.srag.org.au\/journal\/?p=12690"},"modified":"2020-10-03T18:07:32","modified_gmt":"2020-10-03T18:07:32","slug":"rue-des-prostituees-a-lille","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/kiosk.srag.org.au\/journal\/2020\/10\/15\/rue-des-prostituees-a-lille\/","title":{"rendered":"Rue Des Prostituees A Lille"},"content":{"rendered":"<p>Recourir aux services dune prostitu\u00e9e est une infraction. La loi du 13 avril 2016 punit les clients de la prostitution, de 1500 euros damende, 3700 en cas de r\u00e9cidive. Lille fait partie des quatre villes en France o\u00f9 la justice propose \u00e0 ces clients interpell\u00e9s de suivre un stage de sensibilisation, \u00e0 la place du paiement de lamende. Pendant un jour et demi, on leur explique en quoi la prostitution est une exploitation humaine, et en quoi leur comportement nourrit les r\u00e9seaux en tous genres. En 2017 et 2018, 25 clients ont \u00e9t\u00e9 concern\u00e9s, selon les chiffres officiels, et tous ont choisi le stage plut\u00f4t que lamende. Cette Cit\u00e9 a fait lobjet dune r\u00e9habilitation et est aujourdhui convertie en logements sociaux pour personnes \u00e2g\u00e9es. Chercher \u00e0 adopter une position mais en termes de violence l\u00e9galis\u00e9e. Non pas Le journal du jour en exclusivit\u00e9 et le journal de demain avant tout le monde-Terrasse-jardin UNIQUEMENT au d\u00e9jeuner, en saison Suite \u00e0 la publication de ce t\u00e9moignage publi\u00e9 sur Rue89Lyon, les r\u00e9actions ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s nombreuses. De lecteurs mais aussi de journalistes : plusieurs cha\u00eenes t\u00e9l\u00e9 nous ont appel\u00e9s \u00e0 la r\u00e9daction pour joindre notre riverain Hugo, afin dillustrer des reportages ou \u00e9missions d\u00e9di\u00e9s aux sex tours.  En 2020, cest essentiel, et nous allons plus loin en lam\u00e9liorant sans cesse-Meilleure Carte de Vins de Paris-Les Lebey de la Gastronomie 2018 Faites le point sur vos projets ou votre capacit\u00e9 demprunt! On connaissait les balades \u00e0 v\u00e9lo et les randos. Gr\u00e2ce au Cercle Saint-\u00c9loi et \u00e0 Blufox, il y a d\u00e9sormais.. Sabrina, la trentaine, un visage dange sur un corps tout en rondeurs, a elle aussi perdu son emploi quand son usine a ferm\u00e9: Les trois premi\u00e8res semaines j\u00e9tais tr\u00e8s mal: je ne parlais plus, jallais claquer mon argent dans les magasins, raconte-t-elle, d\u00e9go\u00fbt\u00e9e. Javais tout essay\u00e9, des m\u00e9nages, des gardes denfants, mais je gagnais 800 par mois alors que je devais payer 650 de loyer; avec deux enfants cest impossible. M\u00eame avec les allocations. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/m-foundation.org\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/charlotte-gabris.jpg\" alt=\"rue des prostituees a lille\" align=\"right\"> Je plaisante a \u00e9crit le 23112019 \u00e0 10h50 Et je fais quoi de mes camionnettes, maintenant? <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/wp12483772.server-he.de\/images\/caen2.jpg\" alt=\"rue des prostituees a lille\" align=\"right\"> Un engrenage. Lorsque Sha\u00efna souhaite arr\u00eater en 2018 apr\u00e8s avoir rencontr\u00e9 quelquun, elle r\u00e9alise vite quelle sest habitu\u00e9e \u00e0 un certain train de vie. Jai r\u00e9ussi \u00e0 arr\u00eater un temps puis jai repris en mai dernier, admet-elle. Je suis toujours en couple mais personne ne sait que je fais \u00e7a. Cest un pi\u00e8ge dans lequel il ne fait pas tomber. Si les clients sont respectueux, Laura et Sha\u00efna constatent que leurs demandes sont de plus en plus violentes. En cause notamment, la banalisation de la pornographie sur internet, qui am\u00e8ne les clients \u00e0 venir avec des sc\u00e9narios en t\u00eate pour les reproduire dans la r\u00e9alit\u00e9. Cest devenu tr\u00e8s hard. Avant, il y avait les rapports sexuels banals, puis il y a eu le rapport domin\u00e9dominant et maintenant ils r\u00e9clament des coups, du fouettage, du scato, pr\u00e9cise Laura, qui a arr\u00eat\u00e9 huit mois plus t\u00f4t. Lennui, cest que les mineures ne savent pas toujours fixer des limites et peuvent donc se mettre en danger. Les deux jeunes femmes sont bien plac\u00e9es pour le savoir, il faut un mental dacier pour pouvoir supporter cela. Entre sentiment de honte, coups de blues et remises en question, certains soirs sont durs. Nous sommes ravis que vous ayez pass\u00e9 un agr\u00e9able s\u00e9jour \u00e0 lh\u00f4tel et nous serons ravis de vous y accueillir \u00e0 nouveau. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.skema.edu\/PublishingImages\/Pages\/Skema%20simple%20program\/summer-school.jpg\" alt=\"rue des prostituees a lille\" align=\"center\">  Gr\u00e2ce \u00e0 la mobilit\u00e9 bancaire et au Switching Service, service de changement de banque, il na jamais \u00e9t\u00e9 aussi facile de et d et de domicilier ses revenus, 0 pour les op\u00e9rations courantes, cest du concret et cest \u00e7a une banque en ligne. Ces s\u0153urs et leurs amies sont l\u00e0 pour \u00eatre l\u00e0. Sans projet pastoral, sans plan daction, sans jugement et encore moins de pr\u00e9tention. Il ne faut pas trop les questionner sur ce qui les motive : on nexplique pas lamour des gens. Jade: Il est mitig\u00e9. \u00c0 Lille, c\u00e9tait classe, pas la grosse boucherie. Ils \u00e9taient courtois, ce n\u00e9tait pas une ambiance o\u00f9 on se sentait diminu\u00e9es, ils ne nous rabaissaient pas. Quand on venait \u00e0 Lille, on \u00e9tait s\u00fbres d\u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es, ce qui n\u00e9tait pas le cas au club: si on n\u00e9tait pas choisie, on ne gagnait rien. Je me suis reconstruite Au hasard de la vie, ces s\u0153urs et leurs amies croisent et rencontrent les dames de compagnie, ces tenanci\u00e8res de bordel qui g\u00e8rent les flux de client\u00e8le et tambourinent aux portes des alc\u00f4ves quand les \u00e9bats semblent trop longs : il faut finir, Monsieur. Il y a des clients qui attendent. Dans cette rue sordide de Bruxelles, r\u00e9sonne encore le Au suivant du grand Jacques Brel. Dans la rue, bras dessus bras dessous, nous \u00e9tions ivres et rayonnantes. Javais eu ma dose de sensations fortes, jallais me coucher. On chantait Rien \u00e0 foutre, rien \u00e0 foutfoutfout! et quelques passants nous ont regard\u00e9 en riant. A Lille, Avenue du Peuple Belge, il est banal de voir ce genre de spectacle mais, contrairement \u00e0 Paris, ici \u00e7a fait rire les passants. La premire question est donc celle de la norme. Elle Rencontres. B\u00c9RANG\u00c8RE BARRET ET MARIE GOUDESEUNE regionnordeclair.fr Elle sappelle Fanny1. Ou en tout cas, cest comme \u00e7a quelle sappelle dans la rue, au travail. Elle a 40 ans, un look sobre, petit haut, lunettes de vue n\u00e9gligemment pos\u00e9es sur ses cheveux bruns, mi-longs. Huit ans quelle arpente, par intermittence entre autres jobs plus classiques, les trottoirs lillois. Jai commenc\u00e9 pour payer les \u00e9tudes de ma fille, dit-elle, s\u00fbre delle, lair dassumer ce choix. Choix qui nen fut pas un, \u00e0 vrai dire. Une contrainte plut\u00f4t, une d\u00e9chirure \u00e0 porter afin d assurer pour les enfants apr\u00e8s une s\u00e9rie daccidents de la vie, un divorce, des petits boulots qui ne payaient pas. Il fallait sortir 8 000 euros pour ces \u00e9tudes, ma fille navait pas droit \u00e0 la bourse parce quelle vivait chez moi et que j\u00e9tais toujours sur la feuille dimp\u00f4ts de mon mari.. Je me suis lanc\u00e9e dans la rue. Au d\u00e9but, je nosais pas. Jai pris un livre, je me suis assise plusieurs jours daffil\u00e9e sur un banc, avenue du Peuple-Belge. Finalement un homme est venu me voir. Il ma demand\u00e9 si je travaillais. Jai dit oui. C\u00e9tait la premi\u00e8re fois. Je ne construirai plus rien D\u00e9sormais, Fanny a ses clients r\u00e9guliers. Mais un temps de discussion et les sombres sentiments pointent dans ses paroles. Aujourdhui, je nai plus de dignit\u00e9, je suis d\u00e9truite. Je ne construirai plus rien, je le sais. Mais je tiens pour mes enfants. Cest gr\u00e2ce \u00e0 eux aussi que je ne suis pas tomb\u00e9e dans la drogue. La drogue, diabolique b\u00e9quille pour aider \u00e0 tenir. Jai vu des tas de filles, prostitu\u00e9es, tomber dedans, admet Rosalia, 37 ans, \u00c9quatorienne. Elle est arriv\u00e9e \u00e0 Lille en 2001, parce quelle avait de la famille ici. Un an plus tard, un an de gal\u00e8re financi\u00e8re, elle suit une copine, avenue du Peuple-Belge. Comme Fanny, elle dit quun caract\u00e8re fort et surtout les enfants rest\u00e9s au pays, \u00e0 qui elle envoie de largent chaque mois, laident beaucoup. Au d\u00e9but cest difficile. Maintenant aussi, dailleurs. Mais cest un travail. Je fais \u00e7a pour largent, les m\u00e9nages que je fais par ailleurs ne suffisent pas. Largent, toujours, nerf de la guerre. Elle affirme travailler \u00e0 son compte. Sans fili\u00e8re, sans souteneur. Tout comme Carine, n\u00e9e au Cameroun, pass\u00e9e par Los Angeles avant de venir en France o\u00f9 elle a dabord fait des traductions. On lui a propos\u00e9 de vendre son corps. Jai r\u00e9pondu : jamais! Et puis jai essay\u00e9 et \u00e7a a pay\u00e9. Jai d\u00e9sormais un appartement pour le travail, un autre o\u00f9 je vis. Je fais \u00e7a seule, mais quand on me le demande je dis que jai un mac pour quon me laisse tranquille. Carine dit sen sortir financi\u00e8rement, mais beaucoup avouent la gal\u00e8re, les prix cass\u00e9s par dautres, les clients qui refusent le pr\u00e9servatif.. Cest comme une drogue Toutes celles qui acceptent de parler pour ce reportage disent travailler seules. Y compris Linda, 25 ans : Jai commenc\u00e9 il y a quatre ans. Je me droguais, je narrivais plus \u00e0 payer mes doses, on ma dit va travailler dans la rue.. Depuis, jai d\u00e9croch\u00e9 de la drogue et je continue \u00e0 me prostituer, pour moi. Ce point de vue, certains acteurs de terrain le contestent. Bernard Lemettre, pr\u00e9sident du mouvement du Nid, est affirmatif : le mensonge pr\u00e9domine dans les discours. Selon lui, il y a un prox\u00e9n\u00e8te derri\u00e8re chaque prostitu\u00e9e et il faut trois ans avant quelle ne d\u00e9voile son vrai parcours. Vincent Dubaele, directeur dEntractes, autre association de terrain, est plus mesur\u00e9 : Quand on aborde la question de la prostitution, il faut \u00eatre tr\u00e8s prudent, il ny a pas de v\u00e9rit\u00e9, on est dans la nuance. Jaime dire quil ny a pas une mais plusieurs prostitutions, diff\u00e9rentes mani\u00e8res dy arriver, de sen sortir. Cest une approche complexe, on est dans lhumain. Un humain pas assez pris en compte, selon lui, dans la recherche de solutions. Il serait important quon les consulte sur leur place dans la cit\u00e9. Alors m\u00eame que la loi de 2003 p\u00e9nalisant le racolage passif a fragilis\u00e9 leur situation, poussant les prostitu\u00e9es \u00e0 travailler davantage dans la clandestinit\u00e9, \u00e0 grand renfort de t\u00e9l\u00e9phones portables, internet ou lieux cach\u00e9s. Depuis quelques ann\u00e9es, certaines se sont \u00e9loign\u00e9es, par exemple vers le centre routier de Lesquin, o\u00f9 Entractes a commenc\u00e9 un travail de pr\u00e9vention. Et si toutes disent travailler seules, toutes disent aussi vouloir sen sortir. Toutes fixent une date. Dans un mois, dans quatre ans. Mais Fanny lavoue, ce nest pas chose facile. Si je continue cest parce que cest de largent facile. Cest comme une drogue, m\u00eame si on veut sarr\u00eater, si on a besoin dargent, on vient \u00e0 Lille.. W 1 : Les pr\u00e9noms ont \u00e9t\u00e9 chang\u00e9s.  immobilisme qui ressemble plus \u00e0 un refus de choix qu\u00e0 un choix, puisqu\u00e0 la.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>rue des prostituees a lille<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/kiosk.srag.org.au\/journal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12690"}],"collection":[{"href":"http:\/\/kiosk.srag.org.au\/journal\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/kiosk.srag.org.au\/journal\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/kiosk.srag.org.au\/journal\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/kiosk.srag.org.au\/journal\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12690"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/kiosk.srag.org.au\/journal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12690\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12691,"href":"http:\/\/kiosk.srag.org.au\/journal\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12690\/revisions\/12691"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/kiosk.srag.org.au\/journal\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12690"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/kiosk.srag.org.au\/journal\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12690"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/kiosk.srag.org.au\/journal\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12690"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}